Les attributs du pèlerin (Wikipédia)

Publié le

Les attributs du pèlerin (Wikipédia)

Besace et bourdon

Pèlerin, par Jérôme Bosch, vers 1500.

Bénis avant le grand départ, la besace et le bourdon constituent, dès le haut Moyen Âge, les deux attributs caractéristiques du pèlerin, permettant de le reconnaître en tant que tel. Le bourdon, ou bâton du pèlerin, était à l'origine plus petit que le marcheur, et à un seul pommeau, par la suite il sera représenté plus grand que lui, avec deux pommeaux. Le sermon « Veneranda dies », intégré au premier livre du Codex Calixtinus définit ses deux principales fonctions aider à la marche « comme un troisième pied », et défendre le pèlerin, concrètement, « contre le loup et le chien », mais aussi, à un degré symbolique, contre les pièges du démon, arme du salut par la pénitence, il devient le « bâton d'espérance - ferré de charité - revêtu de constance - d'amour et de chasteté » de la Chanson du Devoir des Pèlerins.

La besace, qui contenait la maigre pitance du marcheur, était appelée « escharpe » en ancien français, par altération du francique Skerpa, sac en bandoulière. Au xvie siècle, ce terme fut remplacé par celui de mallette, jusqu'à ce que le mot panetière s'impose. Le sermon Veneranda dies lui attribue une forte valeur symbolique : elle est étroite car pour subsister, le pèlerin met sa confiance en Dieu et non dans ses propres ressources ; elle est en peau de bête pour lui rappeler qu'il doit mortifier sa chair ; enfin, elle est toujours ouverte, pour donner comme pour recevoir.

Calebasse

À partir de la fin du Moyen Âge, d'autres accessoires viennent s'ajouter à ces deux attributs. La calebasse, faite d'une courge séchée et vidée ou d'un récipient évoquant cette forme, contient la boisson du pèlerin ; elle est parfois accrochée au bourdon, à l'aide d'un crochet placé entre les deux pommeaux.

Boîte à certificats

Un peu plus tard apparaît la boîte à certificats renfermant les autorisations, sauf-conduits, lettres de recommandation, passeports et autres billets de confession que les pèlerins doivent posséder à partir du xve siècle.

Patenôtre et chapelet

Au xve siècle se généralise également l'usage de la patenôtre ou chapelet.

Costume

Quant au costume du pèlerin il est avant tout fonctionnel. Au Moyen Âge, les saints marcheurs sont généralement représentés vêtus de la cotte, tunique pourvue de manches, toujours longue pour les femmes, mais pouvant s'arrêter aux genoux pour les hommes, et du surcot, vêtement plus ample, en général plus court, d'étoffe plus grossière, sans manches et fendu sur les côtés ; le chaperon, capuchon prolongé d'un collet recouvrant les épaules, et un chapeau, d'abord de forme conique, puis à bord rabattu, complètent la tenue.

Au xve siècle, la pèlerine, vaste cape enveloppant le marcheur jusqu'aux chevilles, remplace peu à peu le surcot; l'emploi du chapeau rond, à large bord rabattu par-devant, se généralise ; le collet du chaperon s'allonge puis devient, au xvie siècle, une pièce de vêtement autonome, appelée mantelet, couvrant les épaules, il est parfois en cuir et constitue l'élément le plus caractéristique de la tenue du pèlerin, au point de figurer parmi les attributs du pèlerinage.

Les attributs du pèlerin (Wikipédia)

Coquille Saint-Jacques, symbole du pèlerinage

Enfin, le pèlerin de Saint-Jacques se distingue, dès la première moitié du xiie siècle, par l'emblématique coquille. Dans les eaux littorales de la côte galicienne, vivent des mollusques à coquille bivalve, appartenant au genre Pecten. De leur ancienne consécration à Vénus, elles tirent leur nom espagnol de concha venera. Ce sont ces veiras galiciennes, larges coquilles dont la forme rappelle celle de la main, que les jacquets ramassent sur la grève et ont coutume de coudre à leur chapeau, en signe de leur pérégrination, quand vient le moment du retour. L'auteur du sermon « Veneranda dies » y voit le symbole des bonnes œuvres s'épanchant de la main ouverte.

Les légendes en font le signe de la puissance miraculeuse de saint Jacques, sauvant des flots tumultueux un prince que son cheval emballé y avait précipité. Sur le point de périr, le cavalier invoque l'aide du saint, et bientôt son corps se trouve miraculeusement repêché, tout constellé de coquilles.

C'est aussi la coquille ramenée de Compostelle par un pèlerin italien, qui fit jadis disparaître, aux dires du Liber Sancti Jacobi, par simple attouchement, l'énorme goitre dont était affligé un chevalier d'Apulie. Au xiiie siècle, les évêques de Compostelle concédèrent aux boutiquiers établis sur le parvis de la cathédrale Saint-Jacques l'exclusivité de la vente de reproductions, en plomb ou en étain, des fameux coquillages. Toutefois le succès de la coquille compostellane fut tel que son usage se généralisa, et devint l'insigne commun de tout pèlerin.

Bourdonnets et azabaches

Entre le xve siècle et le xviiie siècle, les jacquets ramenèrent également de Compostelle deux autres types d'objets, les bourdonnets et les azabaches.

Petits bâtonnets taillés en forme de bourdon, les bourdonnets, comme les coquilles, étaient accrochés au chapeau ou aux vêtements du pèlerin.

Quant aux azabaches, Compostelle s'en fit une spécialité jusqu'au xviie siècle. Il s'agit de petits objets de piété (médaillons, statuettes, représentant saint Jacques) taillés dans le jais provenant des mines des Asturies et de Léon. Elles se vendaient Place de Azabacharia.

Commenter cet article