20 avril : Negreira / Ermitage das Neves
Ce matin réveil 6h30 et départ 7h15 pour une étape de 35 km en théorie. Le temps n'est pas terrible et je dois assez vite enfiler ma veste de pluie. les pluies sont passagères et je vais passer ma matinée à la mettre et à la retirer. Mais, je ne vais pas me plaindre car c'est mon premier jour de temps légèrement humide.
Hier soir j'ai récupéré une pub pour un bar situé sur le chemin, avec un tracé du parcours. C'est ma seule carte et elle me sera bien utile pour les trois jours à venir.
Vers 10h00 je fais une pause et je vois arriver Marie et Eric, un jeune rencontré la veille. On marche un moment ensemble puis je les devance car il n'arrête pas de parler. C'est une vraie piplette.
Les paysages sont agréables. Il y a beaucoup de greniers à grains, caractéristiques de la région et encore beaucoup d'eucalyptus.
Un peu plus loin je croise un français qui rentre de Muxia. En 15 mn il me raconte sa vie et fini par me dire qu'il n'a plus un sou et qu'il compte sur les espagnols et les pèlerins pour rentrer chez lui en Lorraine. Je lui laisse un paquet de gâteaux et chacun continue sa route.
Petite pause pour déjeuner à l'abri, et une fois le bocadillo (sandwich) avalé, je continue vers Olveiroa. Je remarche un peu avec Marie et Eric qui s'arrêtent au gîte municipal. Je continue jusqu'au patelin suivant afin d'avoir un peu moins à marcher demain.
Quelle erreur !!!
Arrivé à Logoso, après pas loin de 40 km car ce matin je me suis un peu trompé et j'ai fait environ 4 km de plus,l'aubergiste me dit que c'est complet et qu'il n'y a pas d'autre auberge avant l'entrée de CEE à 14 km. Ils me proposent de leur téléphoner pour qu'ils viennent me chercher. C'est gentil, mais ce n'est pas ma façon de voir le chemin.
3 allemands sont là aussi et ils me disent qu'ils vont dormir à l'ermitage de San Neves. D'après leur guide il y a une fontaine avec de l'eau potable et des abris. On peut dormir dehors, et ce n'est qu'à 7 km.
OK, je vais y aller aussi. Je pars un peu avant eux et j'arrive à la bifurcation ou l'on peut aller soit à Fistera soit à Muxia (voir la carte). Il ya une énorme raffinerie et c'est pas très joli dans le paysage. Je me pose la question : Fistera en premier, ou Muxia ? J'hésite, mais comme je ne sais pas s'il y a des abris vers Muxia, je reste sur le chemin de Fistera. Arrivé à la belle petite chapelle de San Neves, je pose mon sac et attends les allemands en faisant le tour du site : pas d'abri et pas de fontaine. Les allemands arrivent et sont aussi surpris que moi.
Tant pis, j'ai fait 47 km, je dors ici quoi qu'il arrive.
Mais je n'ai plus d'eau. Je vois une fermière au loin sortir d'une prairie avec ses vaches. Je prends mes gourdes et je les suis en me disant que la ferme ne doit pas être loin. Après 15 mn de marche, je trouve de l'eau potable. Retour au "campement" pour faire cuire mes pâtes.
J'installe ma couverture de survie sous les arbres, mon duvet dessus, et j'essaie de dormir. Pas terrible car il fait froid. J'enfile mon collant de sport et mon jean, ma polaire, ma chèche... et me mets au fond de mon duvet, en ayant pris la précaution de mettre mon sac et mes chaussures à l'abri sous une table. Heureusement car à 5h00 je suis réveillé par la pluie. Je ramasse mon duvet et ma couverture de survie et vais m'installer, assis, sous un petit abri où les allemands ont fait un peu de feu hier soir. On est deux sous l'abri et ce n'est pas très confortable.
Vers 8h00, je me fais un café et je démarre ma journée, un peu fatigué, mais cette journée restera gravée dans ma mémoire !!!















