De Fromista à Reliegos : 92 km / 3 jours
12 mai 2013 : Dimanche et 11ème jour de marche. La nuit a été bonne, il ne m'est rien arrivé de particulier ! Personne n'a envie de marcher aujourd'hui. Avec Agnès et Isa on avait prévu de faire 35 km, mais on décide de s'arrêter plus tôt, à Carrion de Los Condes, soit 20 km. Le gîte municipal n'est pas mal et j'en profite pour faire une lessive machine + sèche-linge.
Aujourd'hui le chemin n'était pas très intéressant car assez rectiligne, avec une borne tous les 200 m, heureusement beaucoup de cigognes égayaient le paysage. On n'a pas l'impression d'avancer. Malgré notre rythme d'escargot on arrive au gîte vers 11h30 et ça ouvre à midi. On s'installe sur la place juste à côté pour manger notre sandwich. Ce soir on mangera au gîte car il y a une cuisine et de plus les menus "pèlerin" sont à 13 €.
Hier on a rencontré une française de 75 ans qui avait déjà vu Isabelle. Elle voyage avec 2 kg sur le dos et son bagage suit par taxi. Elle nous interrompt dans notre conversation et ne dit bonjour qu'à Isabelle. De plus, elle arrive après tout le monde dans le gîte municipal et essaie de passer devant. Comme elle ne me parle pas, je me plante devant elle et elle n'ose pas me passer devant, mais elle est quand même passée devant une vingtaine de pèlerins. Une heure plus tard son sac de 35 kg arrive par porteur, et dans le même temps, comme le gîte est plein, des pèlerins qui ont marché avec leur sac se retrouvent dans l'obligation d'aller en gîte privé où à 'hôtel. Je trouve ça inadmissible. Si elle veut elle peut y aller dans les gîtes privés où à l'hôtel, mais pas dans les gîtes municipaux.
Les hospitaliers du gîte sont arrivés presque en même temps que nous et ont l'air aussi perdus.
13 mai 2013 : Super forme ce matin et on part tous les trois pour 27 km, avec l'intention de dormir dans un gîte des templiers. Départ du gîte 6h30, il fait froid mais pas de vent ni de pluie. On marche tellement bien qu'on arrive rapidement au gîte des templiers et on décide d'aller jusque Sahagun, soit 40 km au total. Et tout ça sous un soleil de plomb, ça change. C'était une belle étape, où l'on se serait souvent cru dans l'écran de veille de windows. Le gîte est installé dans une ancienne église au centre de la ville. On y rencontre Laurent, un charentais maritime d'environ 35 ans qui a décidé de tout plaquer, faire le chemin et ensuite il envisage de s'installer au Canada. Il marche à raison de 40 à 60 km par jour et c'est beaucoup trop.
Je réussis à aller un peu sur le net pour laisser des infos à la famille car j'ai toujours des problèmes de téléphone. Ensuite, je me suis assis un peu sur les marches d'escalier, et d'un seul coup je sens une présence à côté de moi et une main qui se pose sur mon épaule. Je me retourne et tombe nez à nez avec une femme, finlandaise, qui m'a pris pour son mari. Elle devient rouge et on éclate de rire.
14 mai 2013 : Aujourd'hui le chemin n'est pas très agréable. Il fait froid, même si le soleil brille et ce sont de grandes lignes droites, souvent à côté de la route ou de la voie ferrée On s'arrête au bord d'une mare aux grenouilles pour manger et les filles y cherchent en vain leur prince charmant. On repart et après quelques km, Agnès décide de dormir un peu au bord du chemin. On continue avec Isabelle. Le temps se couvre et on ne voit aucune possibilité de s'abriter si la pluie arrive. On s'équipe, Agnès nous rattrape, et on arrive en vue du village. Il nous reste deux km à faire quand la pluie commence à tomber et se transforme rapidement en grêlons d'1 cm de diamètre. Ça fait mal, je suis en short et on arrive au gîte complètement trempé. On bourre les chaussures de papier journal et on va se promener dans RELIEGOS. Malgré la douche chaude, j'ai froid et j'ai les pieds en compote. On a fait 32 km aujourd'hui et si tout va bien demain on sera à Léon.
Dans ce petit village on découvre un bar assez typique, chez Sinin. On se croirait à Cuba, musique latino, des drapeaux partout, et un patron super sympa qui parle un peu français. Les murs de son bar sont remplis d'inscriptions laissées par les pèlerins. Il y en a vraiment partout et on trouve quand même une petite place pour laisser une trace de notre passage. Ensuite on va manger et on fait une grande table avec des italiens et des allemands.


